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reux qui s’y étaient traînés pour demander ; des heureux qui y étaient accourus pour rendre grâce ; des matelots échappés au naufrage ; des infirmes guéris ; un estropié à qui Dieu avait dit : marche ; des mères, dont le nouveau-né, dont la fille chérie avaient failli mourir ; des mères encore, auxquelles des fils prodigues étaient revenus de bien loin ; et tous, à l’envi, prosternés dans la modeste église, s’y épanchaient en ferventes prières, dont il fallait que beaucoup se fussent bien trouvés ; car, au nom de Blosseville, porté durant des siècles par ce village, avait avec le temps succédé celui de Bon-Secours, qui devait prévaloir à la longue, tant il convenait désormais à un lieu où Dieu, invoqué par l’homme, lui était si souvent et si manifestement venu en aide !

Aussi, en quelque endroit du vieux temple qu’on jetât les yeux, partout apparaissaient, ou suspendus aux voûtes, ou fixés sur les murailles, des ex-voto, les uns peints, les autres en relief, témoignages de gratitude, touchants mémoriaux de bienfaits reçus ; des petits navires, tout semblables (croyait-on) à ceux où des marins en danger avaient failli périr ; des jambes, des bras de cire, images telles quelles des membres malades auxquels avaient été rendus la vie, l’agilité, la vigueur ; des lits d’où se levaient, faibles et amaigris, mais sauvés, un père, une sœur qu’on avait pensé