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assez que de la prose. Les vers, surtout, qui terminaient cette charte, leur semblaient si beaux, qu’ils les redisaient toujours, et ne s’en pouvaient lasser :


« De plus, faisons commandement
A tous faisant esbatement,
Que, combien qu’ils se tiennent chers,
Comme Cosnardz, Coqueluchers,
Et autres, qu’ils fassent hommage
A la Basoche, en tout passage,
Et sans user de voie de faict ;
Car ainsy voulons estre faict. »


Fallait-il s’étonner que la Basoche, inspirée par une origine si poétique, eût rimé, versifié, pendant plus de deux siècles, au grand chagrin d’Apollon, qui ne s’en pouvait consoler ; qu’elle adressât des requêtes en vers au Parlement, qui les transcrivait gravement tout entières dans ses arrêts, toujours favorables aux désirs de la Basoche ! Et ces vers valaient bien, ceux de la charte royale ; témoins ceux-ci :


« A ces causes, nos sieurs, il vous plaise permettre
Aux susdictz supplians la Régence remettre,
En les laissant joïr de tout le contenu
Au Patent et arrest qu’avez lu et tenu,
Vous asseurant, nos sieurs, de ne rien entreprendre,
Que, premier, à la Court il ne soit faict entendre ;