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venus émerveiller le monde. Et comment un tel phénomène n’aurait-il pas saisi tous les esprits ? Notre ville, surtout, comme elle avait tressailli de surprise et de joie, en apprenant cette résurrection d’un génie qui lui était si cher ! Le Parlement de Rouen, qui venait de faire construire l’aile orientale du Palais de Justice, avait voulu qu’elle fût ornée de quelque ouvrage de l’illustre enfant de la ville. Deux magistrats avaient été députés vers Jouvenet ; le grand artiste s’était mis aussitôt à l’oeuvre avec amour ; et aujourd’hui, il venait, à Rouen, présider au placement d’un vaste tableau, l’un des derniers qu’il dût produire. Nous avons vu quel accueil avait voulu lui faire le chef de la première cour souveraine de la province. Le brillant équipage conduisit nos voyageurs à l’hôtel abbatial de Saint-Ouen, demeure de M. de Pont-Carré. Là ils furent l’objet des soins empressés de leurs nobles hôtes, et de tout ce que notre cité renfermait alors d’amis des arts et du génie.

À peu de jours de là, il y avait vacance à la grand’chambre, aux requêtes, à la tournelle, aux

    tableau comme le plus haut type du talent particulier de son auteur, comme le plus beau qu’ait jamais exécuté Jouvenet ; et, selon lui, Jouvenet est justement placé parmi les plus fameux peintres du monde. (Catalogue du Musée de Rouen, 1834, n°150, pages 72 et suivantes.)