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voilà que son coup d’essai rappelle les faits les plus aventureux de ces héros de la mer ! Car on apprend bientôt, par l’équipage, comment les choses se sont passées : une maladie cruelle survenue en mer, à Duquesne le père, et qui l’a enchaîné au lit de douleur ; puis, dans cette conjoncture si critique, l’apparition subite de trois vaisseaux maraudeurs, voguant à quelque distance les uns des autres ; l’attaque téméraire et subite, par le jeune Duquesne et les siens, du plus rapproché de ces vaisseaux, tandis que les deux autres, sans s’inquiéter de leur compagnon de route, cinglaient, à toutes voiles, vers les côtes d’Angleterre ; la prise, enfin, la prise inespérée du troisième, le plus beau des trois, qui vient d’entrer au port tout chargé de riches marchandises, prémices, pour Dieppe, de fortune et d’honneur.

Ce coup d’essai d’un enfant de la ville, cette capture la première depuis si longtemps, c’était pour tourner toutes les têtes ; et ce peuple, hors de lui, n’avait garde, en ce moment, de songer à autre chose. Toutefois, en regardant de plus près ce beau navire amarré au port, il eût reconnu les formes de la construction hollandaise ; et c’était bien, en effet, un navire hollandais que le jeune Duquesne avait pris. Mais l’avait-il pu faire ? La France, pour l’heure, n’était-elle pas en paix avec la Hollande ? N’avait-on pas vu, tout récemment