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la bonne foi, sur le beau milieu du bureau de justice ; et, ma foi, au petit bonheur ! gaudeant bene nati, comme disait un ancien. On glosa beaucoup, dans le temps, sur l’action de ce digne juge ; mais ce fut faute d’avoir assez connu ses bonnes intentions. — Encore n’était-ce rien que tous ces textes de loi, auprès des passages d’auteurs, qui furent allégués. Cujas tient l’affirmative, et Barthole la négative. Accurse a dit ceci, et Alciat a renchéri sur lui. Vinnius a soutenu telle thèse, et Borcholten est de son avis. Jules Pacius à Berigâ avance cette proposition ; à la vérité, il est contredit par Duaren ; mais Pérèze a relevé le gant, et, ma foi, Duaren en a eu une râtelée. Puis les anciens et les pères de l’église, très spéciaux, on le croira sans peine, sur la question. Saint Ambroise, dans ses Offices ; Aristote, dans sa Politique ; Cicéron, pro domo sua ; la Genèse, aux versets 26 et 28 du chapitre Ier ; le Psaume 8, versets 8 et 9. Dans une affaire semblable, un juge d’Athènes aurait dit aux parties : « Citoyens ! revenez tous deux en personne, dans cent ans, à pareil jour ; j’y serai sans faute, et justice vous sera faite ; mais, par Jupiter, il me faut bien ce temps pour réfléchir sur votre différend. »

Que n’était-il permis à la grand’chambre de prononcer ainsi ? Il y avait une heure que M. le premier président De Faucon s’agitait sur son siège et s’im-