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passion pour les recherches historiques. Un immense dépôt était remis à sa garde, et il ne fallut qu’un coup d’oeil à M. Floquet pour apercevoir qu’il y trouverait la matière d’une étude du plus grand intérêt.

À vrai dire, un autre que lui eût été rebuté par les difficultés de l’entreprise.

Qu’on se figure une masse énorme de registres, entassés sans ordre dans un immense grenier, où il était malaisé de se mettre à l’abri de la chaleur pendant l’été, de se défendre du froid pendant l’hiver ; couverts de poussière ; en général fort mal écrits ; sans titre au dos ; sans table ; sans indications marginales ; sans rien, en un mot, de ce qui peut faciliter les recherches. Voilà ce qu’il lui fallut aborder, explorer, lire, analyser, pendant de longues années. C’est de là qu’il a tiré, au prix de bien des fatigues, les matériaux de son Histoire de l’Échiquier et du Parlement de Normandie, publiée, en 7 volumes in-8°, de 1840 à 1842.

Lui-même nous a fait connaître dans son Introduction le sentiment qui l’avait porté à ce travail et les difficultés qu’il y rencontra,

« A l’aspect de ce magnifique palais de justice que Louis XII et le cardinal d’Amboise élevèrent jadis à grands frais dans nos murs, de ces vastes salles aux plafonds dorés, où le Parlement de Normandie siégea pendant trois siècles entiers, quel homme intelligent pourrait ne point soupçonner que là, naguère, durent s’accomplir des événements importants, se débattre de grands intérêts, se succéder de notables personnages, retentir de mémorables paroles ; et ce passé, que tous ignorent, qui pourrait le pressentir, et ne point désirer de le connaître ?

« De ce Parlement qui n’est plus, il ne reste que des registres sans nombre, où, parmi des milliers d’arrêts, indifférents aujourd’hui, apparaissent, ça et là, quelques rares et piquantes révélations sur son histoire. Il fallait