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un genre d’études indispensable à la gloire de la France, et de fournir à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres tous les moyens nécessaires pour l’avancement des travaux confies à ses soins. »

Pendant six années, M. Floquet fut attaché au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale ; il s’acquitta, sans épargner sa peine, de la mission qui lui fut confiée de mettre de l’ordre dans un amas de mandements et de quittances provenant de l’ancienne Chambre des Comptes de Paris. D’heureuses découvertes, intéressantes pour l’histoire de notre province, vinrent récompenser son zèle et sa persévérance. Quelques-uns des documents qu’il découvrit dans cette mine inexplorée furent communiqués par lui à M. Auguste Le Prévost, qui les publia, en 1826, heureux de trouver une occasion de signaler son obligeant correspondant « comme un jeune antiquaire de la plus haute espérance. »

Lorsque, en 1828, celui-ci fut rappelé à Rouen pour y prendre possession de la charge de greffier en chef de la cour royale, il eut le bonheur de se faire remplacer à la Bibliothèque par M. Paulin Paris ; et l’on peut dire, en toute vérité, que, dans cette circonstance, il rendit moins service à son ami qu’à cet établissement, dont M. Paulin Paris devint l’un des plus habiles et des plus érudits conservateurs.

Il y a lieu de croire que notre compatriote quitta Paris sans trop de regret. Personne, en effet, ne fut plus que lui attaché à ses parents, à ses premiers amis, et n’aima plus ardemment le pays natal. Il retrouvait à Rouen les souvenirs de sa jeunesse, un père, veuf depuis plusieurs années, dont il était la joie et déjà la gloire ; ajoutons qu’à peine de retour, il lui était donné d’y contracter une union des plus heureuses, dont le charme s’est prolongé, sans s’affaiblir, jusqu’aux derniers jours de sa vie.

Rouen, d’ailleurs, offrait un champ assez vaste à sa