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chapitre ; le messager, revêtu de sa tunique mi-partie, les précède, la verge en main, et a peine à leur faire place à travers une foule curieuse et empressée. Ils sont entrés enfin ; les portes se ferment sur eux, des officiers d’église en gardent les avenues ; l’antienne Preciosa est chantée, et déjà les capitulants sont en séance lorsque survient un quarante-quatrième chanoine, Jean Yver. Accablé d’années, perclus de goutte et mourant, il a pu, à grande peine, gagner une table de pierre placée au milieu du chapitre, et sur laquelle il s’appuie. Ses infirmités, ses souffrances ne lui permettant pas, dit-il, d’assister à une délibération qui, peut-être, sera longue, il donne sa procuration au chanoine Duquesnay, pour le représenter dans l’élection. Trois tabellions prêtres sont là, qui en dressent un acte en forme ; trois témoins prêtres la signent ; puis le chanoine Yver se retire, pour ne plus reparaître dans Notre-Dame que glacé et couché dans sa bière. Cet effort suprême d’un chanoine à l’agonie a montré de quel prix est, pour tous ces prêtres, le droit d’élire leurs archevêques !

Cependant, tous les chanoines présents, interpellés tour-à-tour par le doyen, ont reconnu que le 21 août est bien le jour fixé par le chapitre. Divers actes lus par les tabellions prouvent authentiquement que les chanoines absents ont tous été ajournés en personne ;