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que Georges d’Amboise, dont la piété, la douceur, la bonté, la bienfaisance leur étaient si bien connues ! Quel autre protecteur plus puissant trouveraient-ils jamais pour leur église, pour la province tout entière ? Charles VIII, bien jeune sans doute, mais valétudinaire, pouvait bientôt mourir ; quelles bornes auraient alors le crédit et le pouvoir d’un prélat désigné à l’avance comme le seul ministre de l’héritier présomptif de la couronne, dont il était déjà l’oracle et l’ami ! Faillait-il repousser, parce que le roi l’indiquait, un prélat qu’ils aimaient tous, le seul, peut-être, auquel ils eussent pensé tout d’abord, lorsqu’ils avaient vu le siège vacant !

Lors donc que, la veille de l’élection, une députation nouvelle d’envoyés du roi vint au chapitre faire de plus vives et dernières instances, elle vit bien tout d’abord qu’elle allait être plus favorablement accueillie que la première. Au lieu du maréchal de Baudricourt, qui s’était vu forcé de retourner à la cour, Thibaut Baillet, président du Parlement de Paris, avait été chargé de haranguer le chapitre au nom du monarque ; sa harangue fut éloquente, et il parut bien qu’on l’écoutait avec faveur. Le grand-sénéchal Brézé était là aussi ; mais Robert de la Fontaine, son lieutenant, avait eu charge de parler pour lui, pour les autres officiers du roi, pour les conseillers, échevins et bourgeois notables de