Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/105

Cette page a été validée par deux contributeurs.


conseillers de la ville n’ont rien à voir céans en l’eslection des archevesques. — Pour vous, Messeigneurs les commissaires du roi, voici nostre réponse : nostre journée est prise au 21e jour d’aoust prochain. Ce jour-là, tout le chapitre assemblé usera de son droit selon les constitutions canoniques, et n’entend rien faire dont Sa Majesté puisse avoir un juste sujet de se plaindre. »

Ce fut tout ce que purent obtenir les députés, malgré leurs vives instances ; et, dans tout cela, pas un mot de la permission d’élire, que les chanoines étaient bien résolus à ne plus attendre.

Un tel accueil, on le conçoit, n’avait guère contenté les officiers du roi, les conseillers de ville surtout ; mais, en toutes choses, le grand point étant de réussir, ils avaient tous compris à merveille combien il importait de ne point pousser à bout un chapitre si ombrageux ; et, dans une conférence très animée qu’ils eurent, le jour même, chez le maréchal de Baudricourt, il fut convenu, après bien des débats « que, pour le présent, il ne seroit faict aucun reproche à messieurs du chapitre des paroles qu’il avoient dictes aux conseillers de la ville. »

Cependant, trois semaines entières s’étaient écoulées depuis cette scène un peu vive, et le temps avait amené bien des réflexions. Quel meilleur archevêque, après tout, les chanoines de Rouen pouvaient-ils se donner