Page:Amable Floquet - Anecdotes normandes, deuxieme edition, Cagniard, 1883.djvu/10

Cette page a été validée par deux contributeurs.


rappeler, en attendant mieux, les titres légitimes de M. Floquet à notre estime, à notre reconnaissance et malheureusement aussi à nos regrets.

M. Pierre-Amable Floquet naquit à Rouen, le 9 juillet 1797.

Après avoir fait d’excellentes études au collège de cette ville, il fut envoyé à Caen pour y suivre les cours de l’École de droit. Il revint, en 1819, à la maison paternelle et se fit inscrire, comme stagiaire, au barreau de Rouen. D’après le conseil de son père, alors greffier au tribunal civil, il entra, sans tarder, dans une étude d’avoué afin de s’y former à la pratique des affaires. Mais, bientôt, il ne tarda pas à reconnaître que sa vocation l’appelait ailleurs, et, secondé par un ami de la famille, M. Taillet, qui avait deviné ses aptitudes, il put obtenir, sans trop d’insistance, la permission de se rendre à Paris, où une nouvelle école, qui répondait à ses goûts, l’École des chartes, venait d’être ouverte.

C’était en 1821. M. Floquet fut un des élèves de la première promotion.

Cette école, qui, depuis, fut organisée sur un plan plus large, n’avait, au commencement, que deux professeurs, l’un, employé au département des manuscrits de la Bibliothèque royale, l’autre, chef de la section historique des Archives du royaume.

Les cours se faisaient, dans ces deux établissements, à un nombre strict de douze élèves, que le Ministre de l’Intérieur avait nommés, sur la présentation de l’Académie des Inscriptions. M. Floquet fut l’un d’eux. Il eut l’avantage de compter parmi ses condisciples MM. Léon Lacabane, Benjamin Guérard, Eugène Burnouf, Le Vaillant de Florival, J. de Pétigny, élite brillante de jeunes gens instruits et laborieux, parfaitement en état, on en conviendra, de réaliser la pensée du gouvernement, qui était, suivant les termes de l’ordonnance de 1821, « de ranimer