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ce qui fait qu’il élit trop souvent pour magistrats les moins dignes de cet honneur. Mais les électeurs sont trop près des éligibtes pour que ces abus aient lieu dans la monarchie moyenne. Dans le gouvernement despotique, les fonctionnaires ne s’occupent que de satisfaire le souverain dans les républiques, ils n’ont en vue que le peuple aussi, dans l’une et l’autre de ces sociétés, sont-ils à la fois portés à l’injustice et à l’arbitrairc. Dans la monarchie moyenne, ils ont deux maîtres l’autorité et l’opinion.

Lorsque les riches seuls gouvernent, l’intérêt des pauvres est toujours en péril; et lorsque les pauvres font la loi, celui des riches court de grands hasards. L’avantage de la démocratie n’est donc pas de favoriser la prospérité de tous, mais seulement de servir an bien-être du plus grand nombre. Celui de la monarchie des classes moyennes qui touchent aux riches et aux pauvres sera certainement de servir, mieux que les deux autres gouvernements, à la prospérité de tous.

La situation médiocre de la bourgeoisie régnante la rendra très équitable, dans l’établissement de l’impôt.

M. de Tocqueville s’exprime ainsi dans son beau livre sur la démocratie