Ouvrir le menu principal

Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/333

Cette page n’a pas encore été corrigée


L1V!:K XI!, CHAP. XV.

329

du sentiment de conservation, qui, pour unir les hommes; vaut bien l’ambition.

Les individus de la classe moyenne ne se reconnaissent pas, il est vrai, aux titres qui précèdent leurs noms; mais l’éducation, la propriété, le droit politique les marquent aux yeux les uns des autres. Puisqu’il y a eu un ordre qu’on appelait le tiers-état, la bourgeoisie ne manque ni de passé, ni d’histoire. Nous avons décrit sa naissance, qui remonte au berceau de la monarchie, ses longues souffrances, ses combats et son triomphe. Ce serait une étrange manière de raisonner que de tirer de sa victoire, qui a anéanti la distinction des classes, un argument contre son existence. Est-ce donc parce que rien de supérieur à elle n’a pu se soutenir, qu’elle a cessé de sentir sa force et de se connaître?

La classe moyenne avait l’esprit de corps sous Louis XV, aux États Généraux de i789, dans 1 Assemblée constituante, au g thermidor, au 1~ prairial, au 8 brumaire, sous le régime Impérial, sous le gouvernement des Bourbons, en 1830, aux 5 et 6 juin 1832, et en avril ’!83’j. Elle avait l’esprit de corps, en face de la royauté et de la noblesse germaines comme un même débris d’une nation vaincue. Longtemps elle a eu pour lien la communauté du malheur aujourd’hui elle se serre dans la victoire. Les