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DE LA DEMOCRATIE ffOUVELLE.

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qui sert de contre-poids à celui de t’assemblée qui vote l’impôt dépourvue de l’appui d’un corps intermédiaire assez stable, assez puissant et assez dévoué pour la protéger au besoin élue par la bourgeoisie, dont elle doit se faire respecter, exposée à ses déuances si elle regarde trop du côté du peuple, et en même temps à la haine des classes inférieures si elle néglige d’adoucir leur sort, condamnée à l’inaction, en temps de paix dans une société où la domination a besoin de la gloire, t’Ue navigue entre mille ëcueits dans le port même qu elle ne doit jamais quitter.

Pour nous faire une idée de ce que doit être la royauté dans notre société nouvelle jetons un regard sur ce qu’elle a été.

Dans son origine, la royauté est le commandement militaire; c’est le temps où la nation n’est qu’une horde encore sauvage. La pompe royale se compose de l’épée, de la lance, et du bouclier. La loi est dans la discipline le revenu dans le butin 1 art de régner dans la victoire. A mesure que les mœurs s’adoucissent, l’empire de la royauté est moins farouche. A force de vaincre, les peuples qu’elle conduit n’ont plus à combattre. Le pieu qui soutenait leur tente d’un jour prend racine dans la terre des vaincus. La paix amène des besoins plus doux la science de gouverner devient celle d’enseigner à vivre la so-