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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/287

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LIVRE X!, CHAP. tX.

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notre compte nous croyons que deux et deux feraient cinq plutôt que la bourgeoisie concentrât entre ses mains le gouvernement d’une république. On a vu des républiques démocratiques aristocratiques, même royales; on n’a jamais vu, et je crois qu on ne verra jamais de république bourgeoise, c’est à dire de république où la classe moyenne, malgré le nombre considérable de ses membres, ses propriétés divisées, son amour extrême d’égalité, sa confraternité avec le peuple l’absence d’antiquité, d’illustration, de suite dans les conseils, de liens étroits de corporation; où cette classe, dis-je, occupe la même place et tienne le même pouvoir qu’une aristocratie composée de quelques familles, possédant d’immenses trésors, née avant le peuple, défendue par toutes les inventions que l’habitude du commandement, la jalousie du pouvoir et la passion de l’inégalité peuvent suggérer à une noblesse qui se connaît, se compte et s’entrelace.

Le gouvernement des classes moyennes n’existera, soit en monarchie, soit en république, qu’à la condition de l’admissibilité de chaque membre de ces classes à toutes les charges de l’État. Cette égalité serait illusoire si, en même temps que le mérite pouvait arriver à tout, il n’avait aucune occasion de se montrer.