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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/251

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LIVRE X, CHAP. IX.

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Toutefois, en établissant, en France, la liberté représentative, les Bourbons semblaient vouloir s’appuyer sur la bourgeoise, mais, égares par les souvenirs du passé et par l’exemple de l’Angleterre, ils cherchèrent ailleurs le principe prépondérant de leur gouvernement. Ils voyaient bien que l’aristocratie, presque détruite, ne pouvait être un rempart suffisant pour le trône, mais ils ne perdirent pas l’espérance de la reconstituer. En attendant, ils s’écartèrent du système anglais qui subordonnait, en quelque façon, les communes et la royauté elle-même à la prépondérance de la Chambre haute. Eux, ils placèrent cette influence supérieure dans la couronne, en se fondant sur cette circonstance que, chez nous, elle avait octroyé la constitution tandis qu’en Angleterre elle l’avait acceptée. Ils placèrent ensuite, sur le second plan, leur fantôme de noblesse qu’ils espéraient ranimer peu à peu et rendre assez fort pour porter les hautes destinées qu’ils lui réservaient. Enfin, au troisième et dernier rang était reléguée la bourgeoisie, qu’il s’agissait de contenir et de diminuer.

Si on étudie les dinérents actes qui ont marqué les règnes de Louis XVIII et de 1 auteur insensé des ordonnances de juillet, on s’assurera que tout était calculé pour produire peu à peu