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DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE.

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tions, quel que soit leur état politique, ne goûteront la vraie liberté ni une félicité durable, amoins qu’elles ne soient imbues du respect de la majesté divine, j’ai voulu dire à moins qu’elles ne soient chrétiennes, et j’oserai ajouter que leur vertu et leur repos ne seront entiers que sous la profession commune de ta foi catholique.

Le catholicisme est la religion de la perfection. On ne saurait nier qu’elle possède, pour enchaîner l’homme à la vertu, mille précautions d’une jalousie infinie, que n’a retenues complètement aucune des sectes détachées de son sein. Elle s’accommode à toutes les formes de gouvernement. Loin de repousser une démocratie, son chef suprême est élu aux libres suffrages. Ses dogmes tirent tous les esprits sous le niveau; la plus superbe raison plie devant eux. Cette religion a des grandeurs sublimes pour leplus petit que disje? grâce à la communion, elle en fait presqu’un Dieu. Voyez-la livrée à elle-même, comme aux Etats-Unis d’Amérique et dans la vieille Espagne son prêtre devient aussitôt l’homme du peuple, il est le frère de tout le monde. La religion protestante établit, au contraire, des distinctions entre les intelligences elle sanctifie l’orgueil et ouvre à l’esprit des fidèles l’arène de l’interprétation des écritures, de sorte que le plus ingénieux d’entre eux est le plus assuré de son salut.