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qui! y aurait, pour le gouvernement, à s’occuper des plaisirs du peuple. Nous sommes encore loin d’aimer assez le travail pour en faire l’unique bien de notre vie. Le développement du commerce et les progrès de l’industrie rendront peu à peu ce mobile plus puissant; mais l’éducation publique n’est pas achevée le peuple ressemble à l’enfant dont un sage précepteur ménage la faiblesse et dirige les plaisirs dans le but même de l’instruction.

Nous avons déjà indiqué certaines fêtes périodiques, qui pourraient être données au peuple, à l’occasion d’une distribution de prix aux arts et aux lettres; on pourrait en instituer de semblables pour l’agriculture et l’industrie. Rien ne serait plus propre à développer d’utiles sentiments d’émulation et de mettre en honneur l’agriculture, que d’offrir des récompenses aux hommes qui se seraient le plus distingués dans le premier des arts utiles.

La nature ferait en grande partie les frais de la solennité. La vue d’une campagne fertile, la beauté du ciel, les accidents d’un site pittoresque choisi pour emplacement de la scène, le concours des populations’rurales, la présence des autorités du département, les sons de la musique, la proclamation des noms des vainqueurs, la produc’fion des chefs-d’œuvre de leur travail, la joie nés