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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/164

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DE LA DÉMOCRATIE NOUVELLE.

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comme le char de l’industrie matérielle, mais qui peut promener, en un clin d’œil, une nation entière à la fois, sur la route toute préparée des révolutions vers un état de choses si lointain, qu’il n’existe qu’en rêve.

Ce serait mëconnaitre l’un des deux éléments fondamentaux de notre ordre social, que de témoigner un semblable dédain au pouvoir du talent. Dans un pays aristocratique et commerçant, il est juste et raisonnable de choisir la propriété comme seule représentation des droits politiques; mais dans un pays à la fois monarchique, démocratique et commerçant, il serait injuste et dangereux de ne pas assigner une place au mérite, à côté de la propriété.

Nous développerons notre pensée, à ce sujet, en étudiant les lois qui se rapportent au gouvernement des classes moyennes. Nous n’envisageons ici les sciences, les lettres et les arts que comme l’un des plus beaux développements de l’activité nationale. Nous cherchons à montrer que la sûreté de la couronne et la tranquillité de l’Ëtat seraient d’autant mieux garanties, que les esprits seraient plus largement encouragés à s’adonner à ces pacifiques occupations. Dans un chapitre antérieur, nous avons attribué, en grande partie, les tendances immorales de notre littérature au besoin de se tirer, à tout prix, des humiliations