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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/125

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LIVRE VU, CMAP.XXtX.

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que remédier aux dangers qui résultent d’une disproportion entre les lumières générales de la bourgeoisie et les accroissements si rapides de sa puissance.

Or, rien de plus propre à produire cet effet que le jury civil.

Premièrement, il nous initiera peu à peu à la connaissance et au respect des lois; car, bien que nous n’ayons à prononcer que sur les questions de fait, l’audition des plaidoieries, le développement qui aura lieu devant nous de l’origine du procès, notre désir assez naturel de connaître les conséquences de notre jugement touchant le sort de l’accusé, voilà autant de moyens et de motifs pour que les lois nous deviennent plus familières et, en conséquence, plus respectables. Le caprice qui fait ondoyer trop souvent notre jugement se trouvera nécessairement corrigé. Le sentiment de la justice s’inculquera dans nos esprits; et cette disposition à rendre à chacun son droit aura sur les mœurs publiques la plus salutaire influence. Tous les devoirs sont, à bien parler des formes de la justice la vertu n’est qu’une perpétuelle équité envers les autres et envers soi-même.

Appelés à s’interposer comme arbitres entre les passions ou les intérêts qui se pressent au pied des tribunaux, les citoyens seront forcés