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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/112

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DE LA DÉMOCRATIE NOUVELLE.

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tombeau des privilèges mais cette liberté, en la plaçaient-ils ? dans le pouvoir de l’assemblée dont ils étaient membres. Chargés de préparer l’affranchissement de la France, ils regardèrent comme donné à notre indépendance tout ce qu’ils acquéraient en facilité d’agir; et à force de détruire devant eux tous les obstacles, ils arrivèrent à un pouvoir tellement propre à fonder la liberté sans résistance, qu’il pouvait également servir à établir la tyrannie. On a vu en effet, comment la Convention recueillit cette autorité ramassée d’abord avec les plus droites intentions, et combien cette nouvelle assemblée succomba promptcment à la tentation de faire du despotisme.

Les Girondins furent les seuls qui aperçurent la connexion qui existe entre la liberté des provinces et celle du royaume; mais ils payèrent de leur vie cette fatale et tardive clairvoyance. Notre siècle est destiné à compléter tous les vides, à réparer tous les abus, à retrancher toutes les exagérations. Les révolutions ont leur balancier, qui, après s’être tour à tour violemment écarté à droite et à gauche cherche son point fixe, afin de se mouvoir avec régularité. Les divisions des provinces ont anéanti le pouvoir aristocratique et facilité la surveillance de l’administration l’aristocratie n’est