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CYBÈLE

tant, une vraie voix au timbre des Bouches-du-Rhône répétait auprès de lui en les accompagnant d’interjections inquiètes.

— Comment ! Est-ce Dieu possible ! Monsieur Marius ! Monsieur Marius ! Ah ! pécaïre, c’est ici que vous dormez !

Ainsi gémissait la bonne Martine qui n’ayant pas trouvé son jeune maître dans son lit demeuré intact où elle lui apportait comme de coutume le café matinal, courait depuis quelques instants à sa recherche toute bouleversée de cette disparition inexplicable.

— Déluge ! déluge ! Sauve qui peut ! redisait inconsciemment Marius dont les yeux baissés ne voyaient encore qu’en dedans et tardaient à s’ouvrir aux réalités du dehors, et tandis qu’une respiration haletante et des soubresauts nerveux le secouaient.

— Mais quel mauvais rêve le tient donc si fort que cela ? Réveillez-vous donc, Monsieur Marius !

— Où suis-je ? murmura enfin le jeune homme dont l’œil hagard rencontra le visage penché sur lui de l’excellente femme. C’est vous, Mirta ? Comment ne suis-je pas mort ?

— Que dit-il encore ? Ce n’est pas naturel cela. Il a pris du mal, le pauvre. Et un jour comme celui-ci. Bon Diou, quel malheur ! Bon Diou, quel malheur ! Venez vous mettre au lit, vous n’êtes pas bien, Monsieur Marius.