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CYBÈLE

faisait un des charmes de son coquet appartement de garçon et qui lui découvrait une grande partie de la ville, il vit alors arborées de tous côtés et à profusion d’immenses oriflammes aux couleurs bleu de ciel et jaune d’or, les couleurs emblématiques de la capitale, qui ondoyaient sous la fraîche brise du matin. Bientôt prêt, il allait à son tour frapper à la porte d’Alcor et ils partaient tous deux, rejoints dans le patio de la maison par Namo, tandis que les femmes devaient se rendre de leur côté au lieu qui réunissait les groupes féminins dont elles devaient faire partie. Car tel était l’ordre de ces sortes de fêtes, que chaque sexe, chaque âge, chaque condition particulière s’assemblait à part et avait sa place marquée dans le temple immense. Tout un peuple épars tant qu’il vivait et travaillait en temps ordinaire prenait, dans des occasions comme celle-ci, la figure d’ensemble de sa personnalité collective et de son individualité nationale. C’était tout Alger vivant et pensant qui n’allait faire qu’un seul être à ce sublime rendez-vous de la religion et du patriotisme.

La foule était telle que malgré toute la prévoyance des règlements, l’accès du Grand-Temple devenait de moment en moment plus difficile. Lorsqu’enfin les deux jeunes gens qu’Alcor avait laissés pour se rendre à un autre rang que le leur,