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CYBÈLE

de montagnes qui semblaient accourir de l’horizon. Et partout des villes et des villages qui témoignaient de la vie intense de toutes ces régions.

L’Espérance, bien que son mouvement ne fut pas sensible à bord, n’avançait pas moins en ce moment à raison de deux cents kilomètres à l’heure.

— Encore un peu, dit Marius, et nous arrivons au désert de Sahara.

— Au désert ? Quel désert ? La forêt, voulez-vous dire, répond Namo.

Vous avez raison tous deux, intervint Alcor. Marius est de son temps et nous du nôtre. Notre immense forêt saharienne fut le désert, et le désert des antiques Bédouins et Touaregs avait antérieurement encore été la forêt de conifères dont vos explorateurs contemporains, mon cher Marius, retrouvent de tous côtés dans votre Sahara terrestre des débris pétrifiés sous le sable brûlant. Le désert, la forêt, la mer aussi se succèdent alternativement, parait-il, au Sahara durant le cours des âges. Mais voilà que la journée s’achève le soleil touche à l’horizon, et si vous m’en croyez, mes amis, nous ne nous écarterons pas davantage de notre itinéraire, et nous aborderons à l’une de ces cimes voisines pour passer une première nuit paisible avant de retourner demain matin sur nos pas.