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CYBÈLE

et qui se ruinerait à la longue si ses dépenses annuelles excédaient continuellement ses recettes.

Cette continuité des mêmes intérêts faisait aussi la sécurité du travailleur qui n’était plus exposé à se trouver tout à coup sans ouvrage et sans salaire parce que d’un pays lointain un produit arrivait s’offrir à prix réduit. Les progrès de l’industrialisme qui classent si étroitement les ouvriers dans des catégories spéciales et absolument fermées, hors desquelles il n’y a plus pour eux qu’arrêt mortel de travail et d’aliment, avaient causé jadis de si grandes misères publiques que la leçon avait servi et que cette question du travail pour tous était devenue la grande question vitale. On ne devait plus voir par exemple des populations agricoles condamnées à disparaître parce que dans un autre continent les produits de terres qui ne coûtaient rien et s’exploitaient mécaniquement allaient avilir ailleurs la richesse territoriale profitable à la nation entière, par des abaissements de prix dont bénéficiaient seuls quelques gros spéculateurs.

On avait d’ailleurs reconnu que ce n’est pas dans le bas prix des objets même les plus essentiels qu’est le principal progrès économique, lorsque le peuple privé de gain rémunérateur ne peut rendre à la circulation un argent dont il est de plus en plus sevré. L’avantage général n’est-il pas au contraire