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L813 PALAMITE (CONTROVERSE). DESTINÉES ULTÉRIEURES 1814

fut manifesté non toute la gloire divine de l’HomineDieu.mais ce que les disciples en pouvaient contempler sans perdre la vie. Article 10 : « Il faut professer

que la grâce commune du Père, du Fils et du Saint-Esprit, la lumière du siècle à venir, dont resplendiront les justes et que manifesta le Christ sur la montagne, en un mot, toute puissance et opération de la divinité en trois hypostases, et tout ce qui, de quelque manière que ce soit, diffère de la nature divine, est incréé. Rien, en effet, de ce qui existe naturellement en Dieu n’a eu de commencement : tô Osiôtoctov <pwç tvjç sv tw Oaôcopîco opet LtsTaLiopepôasax ; … ôcioXoysïv ôcpsîXo’jen |i.r, XTÎap.a EÎvoa, àXX' oùSè oùaîœv â7rX£>ç toû 0£où…, àXX' axTtCTTOv xal çucs'.y.7}) eXXajjL^i.v xal svép yeiav Si a’jTTJç Trpo’ioùaav -rrjç 6slaç oùalaç — Tcâv to àiaçspov ÔTTcoao’jv ttjç Getaç cpùascoç àxTiairov slvai olioXoysïv, airs u.7)§£voç ovtoç Trpoacpà-roo twv ™ 0ew TcpoaôvTtov 9uaixwç. Mansi-Petit, Concil., t. xxxvii, col. 901.

Par ailleurs, nous voyons les principaux théologiens de la seconde moitié du siècle soutenir la même doctrine dans leurs manuels. C’est le cas de Vincent Damodos et de son disciple, Eugène Bulgaris (Cf. le QeoXoyixov de ce dernier, Venise, 1872, p. v(3'et 92-122. 284). qui reprennent la doctrine de Georges Coressios. Bulgaris se croit d’accord avec Duns Scot, qu’il n’a pas compris, et qui aurait repoussé l’eîSix-rçv êrepÔTrçTa xal èx -77, ? oûaewç toù TtpàyjzaTOç, qu’il lui prèle. Lui aussi, comme Coressios, n'écarte de Dieu que l’accident prédicable, non les propriétés physiques découlant de l’essence et distinctes d’elle. Les disciples de Bulgaris, Théophile de Campanie, TaLtsïov ôpOoS&Çîaç. éd. d’Ath. de 1908, p. 207, et Athanase de Paros, 'EraTOjiY] tôv Œîcov Soyctârtov, Leipzig, 1806, p. 59-65, <S 1-99, répètent les leçons du maître.

5. De nos jours, bien rares sont les théologiens grecs qui reprennent à leur compte la doctrine exprimée dans les anathématismes du dimanche de l’Orthodoxie contre Barlaam et Acindyne. On en rencontre pourtant quelques-uns. Faisons remarquer aussi que certains ouvrages anciens, où cette doctrine est contenue, sont réédités et répandus parmi les fidèles, tels le 0T J aaupôç de Damascène le Studite et le Tacieîov opOoSoÇîocç de Théophile de Campanie. Des auteurs font un éloge sans réserve de Grégoire Palamas et de sa doctrine, tel Grégoire Papamikhaïl, professeur à l’université d’Athènes, dans la monographie qu’il a consacrée au théologien hésychaste. 'O ayioç Tp^yopioç IIxXa(jiâç, Alexandrie, 1911. Un récent professeur de théologie de la même université athénienne. Zikos D. Rhosis, a repris timidement dans le t. i d’un manuel resté incomplet la thèse palamite de la distinction réelle en Dieu des hypostases et des attributs par rapport à l’essence : La simplicité de l’essence de Dieu, dit-il, n’est pas une simplicité abstraite ; ce n’est pas la suppression de toute d’sfinction en Dieu, comme s’il n’existait en lui aucune distinction réelle des hypostases et des propriétés ; mais cette simplicité considérée négativement écarte seulement toute composition, toute division et toute opposition en lui ; considérée positivement, c’est une unité harmonieuse absolue dans la diversité ou la distinction réelle des hypostases et des propriétés : eîve -roiaù-nr] TauTÔTYjç tîjç oùaîaç toû ©soù

Ttpôç ÉaUTÏJV, T^TIÇ slv£ à7TOXuTOÇ àp[i.OVlXT) évÔTY]Ç Èv

STEpÔTTjTi, ï) év 7rpayLiaTtxf ; Staxpîaei 'jTToaTaætov xai ïSiwjxdcTwv. SÙCTT/)ji.a 80YfzaTt.xrjç tîjç ôp6086Çou xa60Xoâjç 'ExxX-rçenaç, t. i, Athènes, 1903, p. 309 : cf. p. 300, 302. Reconnaissons, du reste, que les expressions de ce théologien ne sont pas la clarté même et n’ont pas la limpidité de la comparaison du soleil et de ses rayons tant affectionnée par Palamas et. ses premiers disciples.

5° Ce que nous venons de dire regarde l'Église

grecque proprement dite. Si nous passons à l'Église russe, nous y verrons le palamisme complètement abandonné depuis longtemps dans l’enseignement officiel. Du palamisme cette Église ne conserve plus, de nos jours, que la fête de Palamas, au second dimanche de carême, et c’est un étrange phénomène que l’opposition qui existe entre la doctrine des manuels de théologie en usage dans les séminaires et les académies russes et les éloges hyperboliques donnés dans l’office de ce jour à Grégoire Palamas, « docteur illustre et i défenseur de l’orthodoxie ».

Nous avons vu plus haut, col. 1794, qu’au milieu du j xive siècle, le métropolite de Kiev avait d’abord rei poussé les tomes des conciles palamites qui lui avaient . été adressés de Constantinople. Nous ignorons comi bien de temps dura cette opposition à l’orthodoxie officielle. A cette époque, en effet, l’union de la métroi pôle russe avec le patriarcat œcuménique était assez lâche, et le devint encore plus au siècle suivant. Il est curieux de constater que les triodions slaves manu ; scrits, dont le plus ancien est le n° 667 de la bibliothèque synodale de Moscou remontant à peine au xv siècle, ou ne contiennent pas les anathématismes du dimanche de l’Orthodoxie relatifs aux hérésies byzantines postérieures, ou les donnent sous une forme très abrégée, signalant à peine les noms des hérésiarques. Ils remplacent souvent la mention des hérétiques byzantins par celle de certains hérétiques russes. Pour trouver, au complet, les anathématismes du Synodicon grec, y compris ceux qui sont lancés contre Barlaam et Acindyne, il faut ouvrir les triodions imprimés, ' dont les premiers datent du xvir siècle. Le type grec, du reste, ne fut pas longtemps en usage. Dès le milieu

du xviiie siècle, on s’occupa de modifier complètement

l’office du dimanche de l’Orthodoxie, sans prévenir les Grecs.

Le concile de Moscou de 1749 confia à l’archevêque j de Kroutitza, Gabriel, le soin de composer ce nouvel ] office. Sa revision, présentée en 1752 à l’approbation I du Saint-Synode, ne fut pas agréée, parce qu’elle était i trop longue et conservait intacte la liste des hérésies I nationales. On ne l’utilisa que deux fois, aux carêmes

de 1753 et de 1755. l T n nouveau concile de Moscou,

tenu le 23 mars 176(5, ordonna de recueillir tous les offices, imprimés ou manuscrits, du dimanche de l’Orthodoxie, et chargea Gabriel de Tver de faire une nouvelle rédaction. Celle-ci fut approuvée, avec quelques modifications, par le Saint-Synode en séance plé nière du 8 décembre 1766. Le 15 décembre de cette même année, elle était présentée à l’approbation de l’impératrice Catherine II, qui ratifia le projet synodal par un oukaze du 19 février 1767, et le 27 mars suivant, le Saint-Synode ordonnait l’impression du nouvel office à raison de 140 exemplaires sous le titre de Pos liédovanié ve nédiéliou pravoslaviia. Cf. Nicolas Grigorovitch, Rescrits de Catherine II à l’oberprocuror du Saint-Synode Ivan Ivanovitch Mellissène, dans le Rousskii Archiv, t. viii, 1870. p. 751-757. Ce nouvel office était fort écourté. Aux nombreux et longs anathématismes du Synodicon grec on substituait douze anathématismes tout à fait nouveaux de fond et de forme. Les noms des hérétiques étaient supprimés. Seuls les noms des rebelles Otrepiev et Mazepa paraissaient au onzième anathématisme dirigé contre ceux « qui n’admettent pas que les souverains orthodoxes sont élevés au trône par une volonté spéciale de Dieu sur eux, et reçoivent par l’onction du chrême les dons du Saint-Esprit pour l’accomplissement de leur grande mission. » Ces noms mêmes furent supprimés dans l'édition de 1869. Dans les nouveaux anathématismes, pas la moindre allusion n’est faite à Barlaam et à Acindyne pas plus qu'à la doctrine de Palamas.

En faisant cette réforme, l'Église russe se mettait