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LE COLLAGE

Célina ne me casse plus la vaisselle. Occupée de son chat du matin au soir, le cajolant, lui parlant comme à une personne, elle me laisse travailler.

Momiche n’est pas propre, et fait un peu partout, excepté dans le plat rempli de cendres qu’on a installé pour lui à la cuisine. Tout l’appartement « sent le chat ». Je recommande à Célina de corriger ce sans-gêne ; elle a l’air de m’écouter, mais se contente de nettoyer les ordures, en grondant le coupable, pour la forme. Elle ne veut pas en venir aux voies de fait, et me défend à moi-même d’agir.

Momiche s’est-il assis sur le bas de sa robe, elle ne se lèvera pas, de peur de déranger Momiche. Le gredin comprend qu’elle est indulgente et faible, compte là-dessus, devient un vrai tyran : j’aime mieux ça !

La nuit, Momiche, frileux, ne veut absolument pas coucher sur le lit, à nos pieds ; il ne se tient tranquille que lorsqu’on l’a laissé se blottir sous les draps, entre nous deux. Moi, je ne trouve pas cela bien propre. « Célina, il a des puces ! » Mais Célina me ferme la bouche avec un baiser. Puis, au lieu de s’endormir comme autrefois, en chien de fusil, elle s’allonge au fond, le long du mur.

Enfin, depuis que nous sommes trois, Célina a beaucoup gagné. Le boulet que je me suis mis au pied est moins lourd. Elle a une occupation, « un