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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/97

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rable voyageur, je ne vous pardonnerai jamais de n’être pas revenu par Genève. »

La correspondance de d’Alembert avec Mlle de Lespinasse devait amener une crise grave dans le salon de la rue Saint-Dominique. Mme du Deffand, prévenue de l’intimité du philosophe et de sa dame de compagnie, surveilla son entourage et elle surprit le petit cénacle qui se tenait chaque soir dans la chambre de Mlle de Lespinasse avant la réception officielle. Indignée de ce qu’elle considérait comme une trahison, elle chassa impitoyablement l’ingrate qui, méconnaissant ses bienfaits, l’avait supplantée dans le cœur de d’Alembert.

Mis en demeure d’opter entre ses deux amies, l’encyclopédiste n’hésita pas : il quitta pour n’y plus rentrer le salon de Mme du Deffand.

Mlle de Lespinasse alla fonder rue de Bellechasse un salon rival dont d’Alembert fut l’étoile et où la suivirent bien des fidèles de la rue Saint-Dominique.

« Elle tenait chez elle, les soirs, dit Marmontel, une assemblée où, à l’exception de quelques amis de d’Alembert, le reste était formé de gens