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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/95

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Si d’Alembert partit enthousiasmé de son hôte et ravi de l’empressement que tous n’avaient cessé de lui témoigner, il faut reconnaître que ces sentiments étaient réciproques, et qu’il ne laissa pas derrière lui des impressions moins favorables. De Catt a donné sur le séjour du philosophe français en Prusse quelques détails qui montrent à quel point Frédéric et son entourage surent apprécier la science, les sentiments et l’esprit de d’Alembert :

« Quand M. d’Alembert arriva à Potsdam, écrit de Catt, plusieurs personnes le craignirent à cause de sa grande réputation ; mais quand le général Bork, gouverneur du prince de Prusse, qui avait voyagé avec lui, dit que ce grand M. d’Alembert, si fameux par ses talents, était un homme sociable, dont le cœur et les sentiments étaient excellents, tous les esprits furent rassurés ; on le vit avec empressement ; chacun trouva que le général Bork avait parlé vrai. Tous ses discours auprès du Roi furent sages, et tendant à servir les honnêtes gens, les gens de lettres : aussi Sa Majesté lui a-t-elle rendu le témoignage d’un homme de génie, modeste, doux, à qui il n’est échappé aucun mot de satire, de plaisanterie. On a porté à Berlin le même témoignage, et moi qui l’ai vu souvent et de près, j’ai