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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/81

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femme de chambre de Mme de Clermont, qui voulait la quitter, et j’ai mieux réussi qu’elle[1]. J’espère faire encore quelques bonnes œuvres avant que de m’en aller, et laisser ici, j’ose le dire, quelques regrets de mon départ, et emporter, j’ose le dire encore, l’estime et l’amitié du Roi. On ne peut être plus touché que je le suis de toutes les marques de confiance et de considération qu’il me donne, et je pourrai bien dire en le quittant, comme Louis XIV à la mort de sa femme : « Voici le seul chagrin qu’il m’ait jamais causé. »

« À Sans-Souci, le 13 août 1763.

« Le Roi, à qui je dis hier que M. le Président Hénault était très malade, prit beaucoup de part à son état, parla de lui avec éloge et dit que ce serait une perte pour les lettres et pour la société…

« Oui, j’ai écrit à Voltaire, mais ma lettre était courte, froide et plate ; le Roi me parle de lui très souvent et je vous assure l’apprécie à tous égards avec beaucoup d’équité, quant à l’esprit et quant au caractère. On peut appliquer à ce prince les deux mots qu’on avait faits pour La Motte : justice et justesse… »

D’Alembert venait en effet d’écrire à Voltaire, mais sa lettre, quoi qu’il en dise, était fort amicale et sur le ton ordinaire de la correspondance qu’échangeaient les deux philosophes. Il est évident

  1. Cependant, en 1766, Euler retourna en Russie, où il vécut jusqu’à sa mort.