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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/33

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dres. Heureusement le tour que le Roi a fait dans le pays m’a permis de le joindre ; grâce à cet événement, le voyage de Paris à Potsdam (non compris la voiture) ne m’a pas coûté 300 livres. Le retour sera plus cher… Au reste, ce voyage me sera payé très certainement ; le Roi m’a déjà dit là-dessus tout ce que je pouvais désirer, en entrant avec moi dans le détail de mes affaires et de ma fortune avec toute la bonté possible…

« J’écrirai aussi, s’il m’est possible, par ce courrier à Mme du Deffand… Le Roi m’a demandé si elle vivait encore ; apparemment Voltaire et Maupertuis lui en ont parlé. Vous croyez bien que je lui ferai ma cour de cette question ; j’y joindrai deux ou trois mots du Roi, qui, je crois, la préviendront beaucoup pour lui… »

D’Alembert, en effet, tint parole, et ne voulant pas se donner le tort d’un mauvais procédé, il déroba quelques minutes au roi et à Mlle de Lespinasse pour écrire à sa vieille amie Mme du Deffand. Nous citons sa lettre, qui complète le portrait qu’il a tracé de Frédéric :

« Vous m’avez permis, Madame, de vous donner de mes nouvelles et de vous demander des vôtres ; je n’ai rien de plus pressé que d’user de cette permis-