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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/58

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Et Laurie vint à côté d’elle portant d’une main une tasse à café et de l’autre une glace.

« J’essayais de porter quelque chose à Meg qui est très fatiguée ; quelqu’un m’a poussée et me voilà dans un bel état ! répondit Jo en portant piteusement ses regards de sa robe tachée à son gant couleur de café.

— Je cherchais quelqu’un à qui donner ceci. Puis-je le porter à votre sœur ?

— Je le veux bien : je vais vous montrer où elle est mais je ne vous offre pas de rien porter, je ferais encore d’autres maladresses. »

Jo le conduisit vers sa sœur, et Laurie, comme s’il était habitué à servir les dames, mit une petite table devant elles, apporta deux autres tasses de café et deux autres glaces pour lui-même et pour Jo, et fut si complaisant que la difficile Meg elle-même dit à Jo que « c’était un gentil petit gentleman ». Ils s’amusèrent beaucoup et étaient tellement occupés à tirer des papillotes et à deviner des rébus, que, lorsque Hannah vint les chercher, Meg, oubliant son pied, se leva, mais elle ne put retenir un cri de douleur ; elle fut obligée de s’appuyer sur Jo pour ne pas tomber.

« Chut ! ne dites rien, dit-elle à Laurie. Ce n’est rien. Je me suis un peu tordu le pied, voilà tout ! »

Et elle alla en boitant chercher son manteau.

Hannah gronda, Meg pleura, et Jo, voyant toutes ses idées repoussées, se décida à agir sans consulter personne. Elle se glissa hors de la chambre et, s’adressant au premier domestique qu’elle rencontra, lui demanda s’il pourrait lui trouver une voiture. Le domestique qui était étranger, ne la comprit pas, et Jo très embarrassée, en attendait un autre, quand Laurie, qui l’avait entendue, vint lui offrir de revenir dans la voiture de son grand-père.