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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/336

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changeants s’enroulait gracieusement autour de ses épaules glacées, et de ses lèvres, qu’on croyait être de neige, s’échappait un chant de Noël qui fut remis à Beth sur une admirable feuille de papier vélin. Chaque strophe, en caractères majuscules, était tracée avec une encre de couleur différente.

LA MUSE DE NEIGE

Dieu vous bénisse, petite reine Beth, que rien ne vous trouble plus jamais, et que la santé, la paix et le bonheur vous arrivent ce jour de Noël !

Cette superbe lyre, qui nous a bien embarrassés à faire, est l’emblème de votre goût pour la musique ; les fleurs qui l’entourent réjouissent la vue de notre abeille ; ce rouleau de musique bien choisie est destinée à son piano, et cette écharpe magnifique protégera son petit cou frileux, pendant qu’elle nous charmera par son jeu et ses chants.

Voyez cette copie étonnante d’un des chefs-d’œuvre de Raphaël lui-même ; votre sœur Amy s’est donné bien de la peine pour la faire digne du maître et digne de vous.

Acceptez un délicieux collier rouge à grelots pour le cou de votre favorite Ronron, et de la crème à la vanille faite par la charmante Meg à votre intention à vous : un vrai mont Blanc dans un plat, dont vous nous donnerez un petit peu, parce que vous êtes généreuse.

Cette poésie est l’œuvre entièrement inédite de Jo et de Laurie ; excusez les fautes des auteurs et gardez-leur-en le secret.

Combien Beth se récria en voyant cette magnifique déesse de neige ! Combien de voyages dut faire Laurie pour aller chercher successivement les cadeaux qu’elle offrait à la convalescente, et quels bons rires sortirent des lèvres de celle-ci à la lecture de chacune des strophes de la jeune Muse de neige, et enfin de quels discours Jo accompagna chaque objet en le présentant à sa sœur !