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je pense que je vais essayer le second volume, » dit Jo espérant l’amadouer en acceptant une seconde dose du « Boswell’s Johnson », car il lui avait recommandé cet ouvrage plein de gaieté.

Les sourcils du vieux gentleman s’abaissèrent un peu lorsqu’il roula le marchepied sur le rayon où étaient placées les œuvres de Johnson, et Jo, grimpant tout au-dessus et s’y asseyant, affecta de chercher son livre, mais en réalité elle se demandait quel meilleur moyen elle pourrait trouver pour arriver au but périlleux de sa visite.

M. Laurentz, sembla suspecter qu’elle ruminait quelque chose dans son esprit, car, après avoir arpenté la chambre à grands pas, il vint se placer au pied de l’échelle et lui parla ex abrupto, c’est-à-dire d’une manière si inattendue que le livre que Jo tenait tomba de ses mains.

« Qu’est-ce que ce garçon a fait chez vous ? N’essayez pas de l’excuser ; je sais, d’après la manière dont il s’est conduit en revenant, qu’il a commis à l’égard de votre famille quelque grave sottise. Je n’ai pas pu tirer un mot de lui, quand je l’ai menacé de le forcer à confesser la vérité, il s’est enfui et s’est enfermé dans sa chambre.

— Il a mal agi envers vous, monsieur Laurentz, je le vois bien ; mais il eût plus mal agi encore envers nous, envers ma mère surtout, s’il avait parlé. Nous avons toutes promis et nous lui avons toutes fait promettre de ne dire mot à personne, pas même à vous, de ce qui s’était passé, répondit Jo.

— Cela ne peut pas se terminer ainsi ; il ne s’abritera pas derrière une promesse de vous. S’il a fait quelque chose de mal, ce qui me paraît évident, il doit me le confesser, il doit demander pardon, il doit être