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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/303

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part ; aussi je vais faire tous mes efforts pour m’en corriger, si je peux. Beth n’est pas égoïste, et c’est pourquoi tout le monde l’aime et a eu tant de chagrin à la pensée de la perdre. On n’aurait pas la moitié autant de chagrin pour moi si j’étais malade, et je ne le mérite pas non plus ; mais, comme je voudrais être aimée et regrettée, je vais tâcher de faire comme Beth. J’oublie facilement mes résolutions ; mais, si j’avais toujours quelque chose sur moi pour me rappeler celle-ci, il me semble que j’avancerais plus. Puis-je essayer de cette manière ?

— Oui ; mais j’ai plus de confiance dans la retraite du grand cabinet. Gardez votre bague, chérie, et faites tous vos efforts. Je pense que vous réussirez, car le désir sincère d’être bonne est la moitié du succès. Ne vous découragez pas, petite Amy, nous vous reprendrons bientôt à la maison, vos sœurs seront si heureuses de vous revoir ! »

Le soir de ce jour-là, quand Meg écrivit à son père pour lui annoncer l’heureuse arrivée de sa mère, Jo se glissa dans la chambre de Beth, et, trouvant sa mère dans sa position habituelle, resta à tortiller ses cheveux d’un air troublé et indécis.

« Qu’est-ce que c’est, chère Jo ? demanda Mme Marsch en lui tendant la main d’un air qui invitait aux confidences.

— Je veux vous dire quelque chose, mère.

— À propos de Meg ?

— Comme vous devinez vite ! Oui, c’est sur elle, et quoique ce ne soit pas grand’chose, cela me trouble.

— Beth est endormie, parlez bas et racontez-moi tout. »

Jo s’assit sur le parquet, aux pieds de sa mère.

« L’été dernier, dit-elle, Meg a laissé une paire de