Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/299

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XX

CONFIDENCES


Je n’essayerai pas de raconter la réunion de Mme Marsch et de ses filles ; des heures semblables sont belles à vivre, mais très difficiles à décrire. Ainsi je laisserai à l’imagination de mes lecteurs et de mes lectrices de se représenter la rentrée de cette mère dans sa maison. Je dirai seulement qu’il avait suffi d’une heure pour que la tristesse qui l’avait remplie se fût changée en bonheur.

L’espérance de Meg s’était réalisée, car, lorsque Beth était sortie de son long sommeil, sa vue s’était portée tout d’abord sur sa mère et sur la petite rose de son rosier. L’enfant était trop faible pour s’étonner de rien. Elle sourit en retenant sa mère sur son cœur quand elle se pencha sur elle pour l’embrasser. Elle sentit vaguement que son plus grand désir était enfin satisfait, et elle se rendormit en gardant tendrement la main de Mme Marsch dans la sienne.

Les deux sœurs furent obligées de donner la becquée à leur mère, qui ne voulait pas retirer sa main à Beth de peur d’interrompre son somme. Elles lui servirent le déjeuner le plus magnifique du monde. Hannah avait trouvé impossible de ne pas manifester sa joie de cette manière. Leur mère leur raconta à