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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/280

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s’attendait pas à cette explosion, se conduisit avec une grande présence d’esprit ; il lui donna de petites tapes dans les mains et lui humecta les tempes avec de l’eau fraîche pour la remettre, et, voyant qu’elle redevenait elle-même, il l’embrassa. Cette preuve d’affection remit complètement Jo.

« C’est si bien à vous, Laurie, d’avoir prévenu maman malgré Hannah ! je vous aime cent fois plus pour l’avoir osé, Laurie. Racontez-moi tout, et ne me donnez plus de vin, cela me fortifie, mais aussi cela m’agite.

— Ce verre de madère vous a fait plus de bien que de mal, Jo. Quant au retour de Mme Marsch, voici comment cela s’est passé. J’étais inquiet, ainsi que grand-père ; nous trouvions que Hannah outrepassait son droit, et que votre mère devait être informée de l’état de Beth, car elle ne nous aurait jamais pardonné si Beth… si quelque chose d’irréparable arrivait de ce côté. J’ai amené grand-père à dire qu’il était grand temps de faire quelque chose, et hier, voyant que le docteur avait l’air plus inquiet encore, j’ai, avec son aveu, envoyé une dépêche, dont déjà nous avons la réponse. Votre mère arrivera cette nuit même, vers deux heures du matin : j’irai à sa rencontre. Vous n’avez d’ici là, rien à faire que de mettre votre contentement au secret, tout en préparant Beth, et en la calmant jusqu’à ce que votre mère soit arrivée.

— Laurie, vous êtes un ange. Comment pourrons-nous jamais nous acquitter envers vous ?

— Vous vous jetterez l’une après l’autre à mon cou ; cela me plaît assez, dit Laurie d’un air taquin qu’il n’avait pas eu depuis quinze jours.

— Non, merci ; mais, par exemple, personne ne me retiendra d’embrasser votre grand-père quand il viendra ; et maintenant, Laurie, allez vous reposer, car