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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/279

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Attendez un moment, je vais essayer de vous redonner du courage. »

Laurie partit vivement. Jo appuya sa tête fatiguée sur le petit capuchon brun de Beth que personne n’avait pensé à ôter de dessus la table où elle l’avait posé. Cette humble relique devait posséder quelque vertu secrète, car l’esprit de soumission de sa gentille propriétaire sembla entrer dans Jo, et, lorsque Laurie revint en lui apportant un verre de madère, elle le prit et dit bravement :

« Je bois à la santé de ma Beth ! Vous êtes un bon docteur, Laurie, et un si bon ami ! Comment pourrai-je jamais vous payer ?

— Rien ne presse, je vous enverrai ma note plus tard. Pour ce qui est d’aujourd’hui, je vais vous donner quelque chose qui réchauffera bien mieux votre cœur qu’un petit verre de vin quelconque.

— Qu’est-ce que c’est ? s’écria Jo, oubliant un moment ses malheurs dans son étonnement, car Laurie avait l’air d’avoir quelque chose de vraiment consolant à lui dire.

— Eh bien, Jo, j’ai envoyé hier une dépêche à votre mère ; Brooke a répondu qu’elle serait ici ce soir, et tout va mieux aller. N’êtes-vous pas contente ? »

Laurie parlait très vite et avec excitation ; il n’avait rien dit jusqu’alors, de peur d’effrayer Beth et ses sœurs. Jo devint pâle comme une morte, et lorsqu’il cessa de parler, elle jeta ses bras autour de son cou en s’écriant :

« Oh ! Laurie ! Ma mère, ici, ici, ce soir ! je suis si contente ! Mère sauvera Beth, elle la sauvera… »

Elle ne pleurait plus, mais riait nerveusement et tremblait, et s’attachait à son ami, comme si cette nouvelle subite lui eût fait perdre la raison. Laurie, qui ne