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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/270

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miracle qui venait de s’accomplir, et Amy, se voyant très précieuse et très sacrifiée, promit d’aller chez la tante si le médecin disait que Beth allait être malade.

« Comment va la petite chérie ? demanda Laurie, car Beth était sa favorite, et il était plus inquiet qu’il ne voulait le laisser voir.

— Elle est couchée sur le lit de mère et se trouve mieux. La mort du bébé, vue de si près, l’a troublée, mais j’espère qu’elle n’aura qu’un rhume. Hannah le dit, mais elle a l’air inquiet, et je suis toute bouleversée, répondit Meg.

— La vie est une triste chose ! s’écria Jo en hérissant ses cheveux et en y fourrant les mains d’un air de désespoir. À peine est-on sorti d’un malheur qu’il en arrive un autre. On dirait qu’on ne peut plus s’appuyer sur personne, depuis que mère est partie.

— Ne vous donnez pas l’air d’un hérisson, cela ne nous va pas bien. Rarrangez votre perruque, ma chère Jo, et dites-moi si je dois envoyer une dépêche à votre mère ou faire quelque autre chose qui puisse vous agréer, dit Laurie, qui n’avait jamais été tout à fait réconcilié avec la perte de la seule beauté de son amie.

— C’est ce qui me trouble, répondit Meg. Je pense que nous devons écrire à maman si Beth est réellement malade ; mais Hannah dit que non, car maman ne peut pas quitter papa, et cela ne ferait que l’inquiéter. Beth ne sera pas longtemps malade, et Hannah sait ce qu’elle doit faire pour elle. Mère a dit que nous devions lui obéir ; mais je ne sais pas si, dans ce cas imprévu, nous aurons tort ou raison de le faire.

— Si vous demandiez à grand-père, quand le docteur sera venu ?

— C’est cela ; Jo, allez tout de suite chercher le doc-