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but et fut complètement satisfait du succès de son traitement, car son Atalante arriva tout essoufflée, les cheveux éparpillés sur les épaules, les yeux brillants, les joues écarlates, et tout signe de déplaisir avait disparu de son visage.

« Je voudrais être une gazelle, ou même un cheval, pour courir pendant des heures dans cet air pur sans perdre la respiration. Notre course a été bien agréable, mais voyez dans quel état je suis ! Allez me ramasser mes affaires, comme un chérubin que vous êtes, » dit Jo en se laissant tomber au pied d’un érable qui parsemait la route de ses feuilles rougies.

Laurie partit lentement pour rassembler les épaves de Jo, et Jo se mit à rarranger ses cheveux défaits ; elle espérait bien que personne ne passerait jusqu’à ce qu’elle eût remis tout en ordre. Mais quelqu’un passa, et justement c’était Meg, qui paraissait particulièrement, ce jour-là, distinguée dans son costume de grande cérémonie, car elle venait de faire des visites.

« Que faites-vous ici ? dit-elle en regardant sa sœur avec la surprise d’une personne bien élevée.

— Je cherche des feuilles, répondit doucement Jo en triant la poignée rosée qu’elle venait de ramasser à l’instant.

— Et des épingles à cheveux, ajouta Laurie en en jetant une demi-douzaine sur les genoux de Jo. Elles croissent sur la route, Meg, ainsi que les chapeaux de paille bruns.

— Vous avez encore couru, Jo ! C’est désolant ! Vous êtes incorrigible. Quand perdrez-vous vos habitudes de garçon ? dit Meg d’un air de reproche, en arrangeant le chapeau de sa sœur et en lissant ses cheveux avec lesquels le vent avait pris des libertés.

— Jamais, jusqu’à ce que je devienne raide et vieille