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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/226

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Laurie, mais je n’ai pas promis le secret, et je ne suis jamais content quand je ne vous ai pas dit toutes les nouvelles, petites ou grandes, qui arrivent jusqu’à moi. Mon secret, le voici : Je sais où est le gant que Meg a perdu.

— Est-ce tout ? » dit Jo d’un air désappointé.

Laurie secoua la tête affirmativement et la regarda d’un air de mystère.

« C’est bien assez pour le présent, et vous serez de mon avis quand vous saurez où il est.

— Dites-le alors. »

Laurie se pencha et murmura à l’oreille de Jo quelques mots qui produisirent un changement subit dans sa physionomie.

Elle s’arrêta et le regarda pendant une minute d’un air à la fois très surpris et très mécontent, puis continua à marcher en disant d’un ton bref.

« Comment le savez-vous ?

— Je l’ai vu.

— Où ?

— Dans sa poche, sans qu’il pût s’en douter.

— Comment, depuis ce temps-là ?

— Oui ; n’est-ce pas romanesque ?

— Non, c’est horrible.

— Cela ne vous plaît pas ?

— Cela me blesse infiniment, au contraire ! C’est offensant pour Meg. De pareilles choses ne devraient pas être tolérées. Que dirait Meg si elle l’apprenait ?

— Nous m’avez promis de ne le dire à personne. Rappelez-vous cela, Jo.

— Je n’ai pas promis cela, Laurie.

— C’était sous-entendu, et je me fiais à vous.

— Eh bien : je ne le dirai pas ; je voudrais même que vous ne me l’eussiez pas dit.