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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/225

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— Pas un mot.

— Et vous ne me taquinerez pas quand vous le saurez ?

— Je ne taquine jamais.

— Si ; vous nous faites faire tout ce que vous voulez. Je ne sais pas comment vous vous y prenez, mais c’est ainsi.

— Merci. Allons, dites, ma bonne Jo.

— Eh bien, j’ai donné des histoires de ma façon au directeur du Journal des Enfants, et il me dira la semaine prochaine s’il les accepte, murmura Jo à l’oreille de son confident.

— Hourra pour miss Marsch, le célèbre auteur américain ! s’écria Laurie en jetant son chapeau en l’air pour le grand plaisir de deux canards, quatre chats, cinq poules et une demi-douzaine de petits Irlandais, car déjà ils étaient hors de la ville.

— Chut ! cela n’aboutira probablement à rien, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’essayer, et je n’ai rien dit à personne, parce que je ne voulais pas que personne autre que moi fût désappointé.

— Vous réussirez. Je suis sûr que vos histoires sont des œuvres dignes de Shakespeare, en comparaison de la moitié des choses qu’on publie tous les jours. Ce sera très amusant de les voir imprimées, et nous serons tous fiers de notre auteur. »

Les yeux de Jo étincelèrent. Il est toujours agréable de voir qu’on croit à votre talent, et la louange d’un ami sincère est toujours douce.

« Et maintenant, Laurie, votre secret ! Jouez beau jeu, sans cela je ne vous croirai plus jamais, dit-elle en essayant d’éteindre les brillantes espérances qu’un mot d’encouragement avait fait naître en elle.

— Je ferais peut-être mieux de me taire, répondit