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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/205

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CHAPITRE XIII

LA SOCIÉTÉ DES ABEILLES ET LES CHÂTEAUX EN ESPAGNE


Par une après-midi brûlante de septembre, Laurie était paresseusement étendu dans un hamac, et s’y balançait en se demandant ce que faisaient ses voisines ; mais sa paresse était trop grande ce jour-là pour lui permettre d’y aller voir. Il était dans un de ces mauvais jours qui ne sont ni agréables ni profitables. La grande chaleur le rendait indolent. Il n’avait pas étudié, il avait mis à l’épreuve la patience de M. Brooke, ennuyé son grand-père en jouant du piano la moitié de l’après-midi, rendu les bonnes à moitié folles de terreur en disant qu’un de ses chiens allait devenir enragé, et, après avoir rabroué son cocher pour quelque négligence imaginaire de son cheval, il s’était jeté dans son hamac pour réfléchir sur la stupidité du monde et non sur sa sottise propre ; mais la paix et la beauté du jour le remirent malgré lui en belle humeur.

Il faisait mille rêves tout éveillé en regardant les branches vertes du grand marronnier qui était au-dessus de sa tête, et s’imaginait qu’il était sur mer, faisant un voyage autour du monde, lorsqu’un bruit de voix le fit