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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/200

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son corps. « Ha ! ha ! ha ! tu ne t’attendais pas à celle-là, s’écria le spectre. La trouves-tu bonne ? »

« S’étant alors assuré, en regardant par le trou de la serrure, que les princesses filaient, filaient toujours, le spectre releva le corps de sa victime et le serra avec soin dans une grande boîte en fer-blanc où se trouvaient déjà onze autres chevaliers empaquetés ensemble, et sans tête, comme des sardines. À la vue de ce nouveau venu, ces sardines d’un nouveau genre se levèrent toutes et se mirent…

« — À danser une gigue, dit Fred lorsque Jo s’arrêta pour reprendre haleine. Et, pendant qu’ils dansaient, le vieux château devint un grand bateau de guerre.

« — Serrez les voiles ! Abordez ! s’écriait le capitaine.

« Un pirate portugais marchait à toute vapeur sur lui avec son pavillon noir comme de l’encre.

« — Courage ! mes enfants ! Abordons ce noir bandit ! dit le capitaine.

« Et une bataille rangée commença. Les Anglais furent vainqueurs, ils le sont toujours. Le capitaine anglais fit jeter le chef des pirates à la mer ; mais le rusé Portugais plongea et, allant sous le vaisseau anglais, il l’entraîna au fond de la mer, mer, mer, où…

« — Oh ! mon Dieu, qu’est-ce que je vais dire ? s’écria Sallie lorsque Fred eut fini sa rigmarole… Ah ! au fond de la mer. Ils y furent très gracieusement reçus par une très jolie sirène qui fut très fâchée de voir tous les chevaliers sans tête. Elle les fit placer très soigneusement dans une grotte de corail dont elle avait la clef, afin de les conserver. Étant femme, elle était curieuse et très décidée à découvrir ce mystère. Quelque temps après, un plongeur étant, par un grand hasard, descendu vers elle, la sirène lui dit : « Si vous voulez me porter ces messieurs là-haut, je vous donnerai une boîte