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M. Brooke s’était arrêté.

« Une ravissante jeune fille qui s’écria avec un cri de joie : « Enfin ! enfin ! » continua Kate qui avait lu de vieux romans de chevalerie français.

« — C’est elle ! » s’écria le comte Gustave.

« Et il tomba à ses pieds dans une extase de joie.

« — Oh ! relevez-vous ! dit-elle en lui tendant une main d’une blancheur de marbre.

« — Pas avant que vous m’ayez dit comment je peux vous délivrer, dit le chevalier toujours agenouillé.

« — Hélas ! devant la tâche impossible qui nous est imposée, le sort cruel me condamne, ainsi que mes sœurs, à rester ici jusqu’à ce que mon tyran soit mis à mort ou se soit rendu à merci.

« — Où est-il, ce misérable ? s’écria le comte.

« — Dans le salon mauve. Va, brave cœur, et sauve-moi du désespoir.

« — Je reviendrai victorieux ou je mourrai.

« Et après ces paroles émouvantes, il courut du côté de la porte du salon mauve, et, l’enfonçant d’un coup de sa robuste épaule, il allait y pénétrer lorsqu’il reçut…

« — Sur la tête un gros dictionnaire grec qu’un monsieur en habit noir lui avait jeté, reprit Ned Moffat. Il se remit bientôt de ce coup étourdissant, et, jetant le tyran par la fenêtre, il se préparait à aller rejoindre sa dame pour la délivrer. Mais il trouva fermée la porte de la chambre où il l’avait laissée, et il s’y attendait si peu qu’il se fit une grosse bosse au front contre cette porte qui était de bois dur. Il déchira alors les rideaux d’une haute fenêtre du vestibule pour s’en faire une échelle de corde et remonter d’en bas jusqu’à la captive ; mais il n’était pas arrivé à moitié chemin que l’échelle se rompit, et il alla