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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/180

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Lorsque Mme Marsch revint et qu’elle vit ses trois filles occupées à ranger, elle eut pu se rendre compte d’une partie du résultat de l’épreuve à laquelle elle les avait soumises. Avant que les petites maîtresses de maison eussent pu se reposer, il arriva des visites, et elles durent se dépêcher de s’habiller pour les recevoir. Quand, enfin, le crépuscule arriva, elles vinrent s’asseoir l’une après l’autre sur le seuil de la porte du jardin, à côté des roses de juin qui commençaient à fleurir. Chacune d’elles soupirait comme après des mois de fatigues et d’ennuis.

« Quelle terrible journée nous venons de passer ! dit Jo, qui était toujours la première à parler.

— Elle m’a paru si désagréable ! soupira Meg.

— Elle ne ressemblait guère à nos bonnes journées d’autrefois, ajouta Amy.

— Elle ne pouvait pas être aussi douce que les autres, sans maman et sans Pip, soupira Beth en regardant la petite cage vide avec des larmes dans les yeux.

— Me voici revenue, ma chérie, et demain vous pourrez avoir, non pas un autre Pip, mais un autre oiseau, si vous le désirez.

— Oh ! non, mère, dit Beth, je ne veux pas oublier Pip… »

Mme Marsch vint alors prendre place et se reposer au milieu d’elles.

« Eh bien ! êtes-vous heureuses de votre expérience ? désirez-vous la prolonger d’une semaine ? » demanda-t-elle à ses filles en prenant Beth sur ses genoux.

Les quatre sœurs se tournèrent vers elle comme les fleurs vers le soleil. Jo répondit d’un ton décidé :

« Oh ! non ! »