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moitié habillée, dit Meg à Sallie, quand Mme Moflat fit dire aux jeunes filles de paraître toutes ensemble au salon.

— Vous ne vous ressemblez pas du tout, mais vous êtes encore plus jolie ; je ne suis rien du tout à côté de vous, dit Sallie. Belle a infiniment de goût, et, avec la jolie toilette qu’elle vous a improvisée, vous avez tout à fait l’air d’une Française. Laissez aller vos fleurs et n’y faites pas tant d’attention. Surtout tâchez de ne pas tomber. »

Sallie avait, certes, un effort à faire pour ne pas être fâchée de ce que Meg était plus jolie qu’elle.

Marguerite arriva sans encombre au pied de l’escalier et s’avança dans le salon, où la famille Moffat et quelques invités étaient déjà assemblés. Elle découvrit bientôt qu’il y a dans les beaux habits un charme qui attire l’attention et la considération d’une certaine classe de personnes : plusieurs jeunes filles, qui n’avaient pas fait attention à elle à la première soirée, devinrent tout à coup très affectueuses pour elle ; plusieurs jeunes gens qui l’avaient à peine regardée, non seulement la regardèrent, mais demandèrent à lui être présentés, et lui dirent toutes sortes de choses qui n’avaient pas le sens commun, mais qui lui parurent très agréables à entendre, et plusieurs vieilles dames, assises sur les canapés, demandèrent avec intérêt qui elle était. Elle entendit Mme Moffat répondre à l’une d’elles :

« Pâquerette Marsch. Son père est un savant médecin en ce moment à l’armée ; c’est une des meilleures familles des environs, mais des revers de fortune vous savez… Ce sont des amis intimes des Laurentz… C’est une charmante jeune fille, et mon Ned en est tout à fait enthousiasmé.