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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/122

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— C’est un mensonge ! s’écria Jo, en la prenant par les épaules et paraissant assez en colère pour effrayer une enfant beaucoup plus brave qu’Amy.

— Non, ce n’est pas un mensonge, je ne l’ai pas, je ne sais pas où il est, et je m’en inquiète fort peu.

— Vous savez ce qu’il est devenu et vous ferez mieux de me le dire tout de suite, car je saurai bien vous y forcer ! »

Et Jo la secoua légèrement.

« Criez autant que vous voudrez, vous ne reverrez jamais votre bête de manuscrit, s’écria Amy, très excitée à son tour.

— Pourquoi ?

— Parce que je l’ai brûlé.

— Comment ! mon travail de toute une année ! quelque chose qui m’avait coûté tant de peine et de temps ! L’avez-vous réellement brûlé ? demanda Jo, qui était devenue très pâle et qui, les yeux étincelants de colère, serrait nerveusement Amy.

— Oui, je l’ai brûlé. Je vous avais dit que je vous ferais repentir d’avoir été si égoïste hier, et… »

Elle ne continua pas, car Jo, qui ne pouvait maîtriser sa colère, la secouait si violemment qu’Amy en perdait la respiration. Jo criait dans un délire de douleur :

« Méchante ! méchante petite fille ! Je ne pourrai jamais recommencer mon livre, et je ne vous pardonnerai de ma vie ! »

Meg courut retirer Amy des mains de sa sœur, et Beth alla essayer de pacifier Jo ; mais celle-ci était tout à fait en colère, et, après avoir donné une dernière tape à Amy, elle s’enfuit au grenier pour y cacher son chagrin.

Mme Marsch, étant revenue quelques minutes plus