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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/119

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crois que maman ne nous gronderait pas ; nous l’envelopperions bien chaudement.

— Si elle s’entête à venir, je resterai, et, si je reste, Laurie ne sera pas content ; du reste, c’est très impoli de lui imposer la présence d’Amy lorsqu’il n’a invité que nous deux. J’aurais pensé qu’Amy avait assez de bon sens et de fierté pour ne pas se fourrer où l’on n’a pas besoin d’elle, » répondit Jo d’un air peu aimable, car rien ne la mettait de si mauvaise humeur que d’avoir à surveiller une enfant turbulente, quand elle avait espéré avoir quelques heures de récréation tranquille.

Son ton et son air excitèrent davantage Amy, et elle commença à mettre ses bottines en disant avec animation :

« J’irai avec vous. Meg a dit que je le pouvais, et, puisque c’est moi qui payerai ma place Laurie n’a rien à voir là-dedans. Je ne serai pas indiscrète avec lui…

— Nous avons des places réservées, et vous ne pouvez pas être à côté de nous ; or, comme vous ne devez pas être seule, Laurie sera obligé de vous donner sa place et de s’en aller seul loin de nous, ce qui gâtera notre plaisir ; ou bien il voudra vous procurer une autre place, et ce n’est pas convenable de le forcer à faire cette dépense, quand il ne vous a pas demandé de venir. Vous ne bougerez pas d’ici, je puis vous l’assurer ! » cria Jo, qui venait de se piquer le doigt en se dépêchant trop, ce qui n’avait pas diminué sa mauvaise humeur.

Amy, s’asseyant sur le plancher avec ses bottines à moitié mises, commençait à pleurer, et, Meg à la raisonner, quand Laurie les appela du bas de l’escalier ; les deux aînées se dépêchèrent alors de descendre et laissèrent Amy gémir à son aise, car elle