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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/108

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« Je voudrais bien avoir un peu de l’argent que Laurie dépense avec son cheval.

— Pourquoi faire ? demanda Meg avec bonté, tandis que Jo continuait à rire, à part elle, du latin et du français d’Amy.

— J’ai tant de dettes !

— Des dettes, Amy ! que voulez-vous dire ? demanda Meg d’un air sévère.

— Oui, je dois au moins une douzaine de sucres d’orge, et je ne peux pas les payer, puisque je n’ai pas d’argent et que maman me défend d’acheter à crédit.

— Est-ce que c’est maintenant, à votre pension, la mode des sucres d’orge ? L’autre jour, c’était celle des petits morceaux de gomme élastique pour faire des balles, dit Meg en tâchant de garder son sérieux, car Amy avait l’air de trouver cela si grave et si important qu’elle ne voulut pas la blesser en riant.

— Toutes mes compagnes en achètent et considèrent celles qui ne font pas de même comme des avares ou des pauvresses. On les suce pendant la classe dans son pupitre, et on les échange contre des crayons, des plumes, des bagues en perles, des poupées en papier ou d’autres choses. Si l’une de nous en aime une autre, elle lui donne un sucre d’orge ; si elle est fâchée contre une autre, elle en mange un à son nez sans lui en offrir. Quand on en a partagé avec d’autres, elles doivent vous les rendre, et on m’en a beaucoup donné que je n’ai pas encore rendus, et ce sont des dettes d’honneur, vous savez.

— Combien vous faut-il pour payer toutes vos dettes, Amy ? demanda Meg en tirant sa bourse de sa poche.

— Un shilling sera plus que suffisant, et il vous restera encore quelques sucres d’orge pour vous. Les aimez-vous ?